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Décret BACS, GTB et hôtellerie : ce que les propriétaires et investisseurs doivent anticiper d’ici 2030

La transition énergétique du secteur hôtelier n'est plus seulement un sujet technique. Entre réglementation, maîtrise des charges et investissements futurs, elle devient un élément de la stratégie patrimoniale.

Analyse immobilièreOctobre 2026Lecture : 12–15 minutes
Photographie illustrative d’un salon hôtelier élégant, sans lien avec un établissement cité dans l’article
Photographie illustrative. Elle ne représente pas un actif proposé à la vente.

Pour les propriétaires et investisseurs hôteliers, les prochaines années imposent une réflexion qui dépasse la simple mise en conformité des bâtiments.

Les obligations du décret BACS et du dispositif Éco Énergie Tertiaire transforment progressivement la façon dont les établissements sont exploités, rénovés et évalués.

Derrière ces réglementations se trouvent des questions très concrètes : faut-il investir dans les équipements existants ? Quels travaux peuvent être différés ? Comment financer la modernisation sans perturber l'activité ? Et dans quelles circonstances devient-il préférable de céder un actif plutôt que d'engager un nouveau cycle d'investissement ?

Chez Wynstanley, nous considérons que la performance énergétique doit être analysée comme l'une des composantes de la valeur immobilière, aux côtés de l'emplacement, du positionnement commercial, de la qualité de l'exploitation et du potentiel de repositionnement.

1. Décret BACS et décret tertiaire : deux réglementations différentes, mais complémentaires

Avant d'envisager des travaux, il faut comprendre que ces deux dispositifs n'imposent pas les mêmes obligations.

Le décret BACS : mieux piloter les équipements

Le décret BACS, pour Building Automation and Control Systems, concerne l'automatisation et le contrôle des systèmes techniques des bâtiments.

Son objectif est de permettre aux bâtiments tertiaires concernés de suivre leurs consommations, d'analyser les performances de leurs équipements et d'ajuster leur fonctionnement.

Concrètement, dans un hôtel, ces installations peuvent intervenir sur le chauffage, la climatisation, la ventilation et, selon les équipements raccordés, l'eau chaude sanitaire ou l'éclairage.

Un système de gestion technique du bâtiment (GTB) peut notamment identifier des consommations anormales, adapter les températures aux périodes d'occupation et signaler des dysfonctionnements avant qu'ils ne deviennent coûteux.

La différence est essentielle : le décret BACS concerne les moyens de pilotage, tandis que le décret tertiaire porte sur les résultats de consommation énergétique à atteindre.

Le décret tertiaire : réduire les consommations dans la durée

Le dispositif Éco Énergie Tertiaire concerne notamment les bâtiments, parties de bâtiments ou ensembles immobiliers accueillant des activités tertiaires sur une surface cumulée d'au moins 1 000 m².

Les hôtels figurent parmi les activités concernées.

Objectifs nationaux de réduction des consommations d'énergie finale

−40 %2030
−50 %2040
−60 %2050

Objectifs relatifs par rapport à une année de référence admissible à partir de 2010. Une voie alternative existe par l'atteinte d'une valeur absolue, adaptée à la catégorie d'activité et à ses paramètres d'usage.

Ces objectifs ne signifient pas que chaque hôtel doit nécessairement réaliser exactement 40 % d'économies d'ici 2030 par rapport à sa consommation actuelle. Le dispositif prévoit différentes modalités d'atteinte des objectifs et certaines possibilités de modulation.

Les consommations doivent par ailleurs être déclarées chaque année sur la plateforme OPERAT, administrée par l'ADEME.

Pour un investisseur, cela introduit une nouvelle dimension dans l'analyse d'un hôtel : sa trajectoire énergétique réelle, et non uniquement son état apparent.

2. Décret BACS : quels hôtels sont concernés en 2026 ?

La réglementation repose principalement sur la puissance nominale utile des systèmes de chauffage ou de climatisation, éventuellement combinés à la ventilation, et non sur le nombre de chambres ou le classement de l'établissement.

Repères d’échéance du dispositif BACS
Situation du bâtimentÉchéance
Bâtiment existant avec équipements de puissance supérieure à 290 kW1er janvier 2025
Bâtiment existant de puissance supérieure à 70 kW, relevant de l'extension de l'obligation1er janvier 2030
Bâtiment neuf de puissance supérieure à 290 kWObligations applicables selon les règles de permis depuis juillet 2021
Bâtiment neuf de puissance supérieure à 70 kWObligations applicables selon les règles de permis depuis avril 2024

Ces règles comportent des dispositions particulières, notamment en cas de renouvellement d'équipements et lorsqu'une étude démontre une impossibilité économique selon les critères réglementaires.

Un hôtel de 30 chambres est-il automatiquement concerné ?

Non.

Deux établissements disposant du même nombre de chambres peuvent présenter des configurations techniques très différentes.

Un hôtel ancien équipé de systèmes centralisés, d'une piscine intérieure et d'espaces de restauration n'aura pas nécessairement la même puissance installée qu'un établissement de taille comparable utilisant des systèmes indépendants.

La première démarche consiste donc à identifier les installations existantes, leur puissance et leurs conditions de fonctionnement.

Le nombre de chambres est un indicateur commercial. Il ne constitue pas, à lui seul, un critère réglementaire BACS.

3. Pourquoi la GTB mérite l'attention des investisseurs hôteliers

Dans un établissement hôtelier, une partie des dépenses énergétiques est directement liée au niveau d'activité. Mais une autre dépend de la façon dont le bâtiment est exploité.

Les températures maintenues dans les chambres vacantes, les horaires de ventilation, les réglages des équipements collectifs ou encore les installations fonctionnant inutilement pendant la nuit peuvent générer des charges évitables.

La gestion technique du bâtiment permet d'agir sur plusieurs dimensions.

Gestion des chambres selon l'occupation

Une chambre réservée, occupée ou inoccupée n'a pas nécessairement besoin des mêmes conditions de chauffage ou de climatisation.

Lorsque l'architecture technique le permet, un système de pilotage peut modifier automatiquement les consignes selon l'état de la chambre.

L'intégration avec le logiciel de gestion hôtelière, ou PMS, peut faciliter cette automatisation.

Le bénéfice potentiel n'est pas uniquement énergétique : les équipes techniques peuvent limiter les interventions répétitives tout en conservant la possibilité d'ajuster les réglages pour répondre aux attentes des clients.

Supervision des espaces communs

Dans les hôtels proposant plusieurs services, les besoins énergétiques diffèrent selon les zones.

Un restaurant, une salle de séminaire, un spa et les étages de chambres ne suivent pas nécessairement les mêmes horaires.

La GTB peut permettre de programmer plus finement les équipements, de suivre les consommations et d'éviter que certains systèmes fonctionnent en permanence sans justification opérationnelle.

Détection des anomalies et maintenance

Un système correctement configuré peut identifier une dérive de consommation, une température anormale ou un équipement qui fonctionne en dehors de ses plages prévues.

Ces informations peuvent contribuer à réduire les gaspillages et à faciliter les interventions techniques.

Elles ne remplacent toutefois ni la maintenance préventive ni le suivi régulier par des équipes compétentes.

Meilleure connaissance du bâtiment

Pour un propriétaire, disposer de données fiables sur les consommations par usage constitue un avantage.

Il devient plus simple de distinguer les dépenses liées à l'exploitation de celles qui résultent d'équipements vieillissants ou de défauts structurels.

Cela permet surtout de hiérarchiser les investissements futurs.

4. Combien coûte l'installation d'une GTB dans un hôtel ?

C'est souvent la première question d'un propriétaire.

Il n'existe pourtant pas de tarif universel.

Le montant dépend notamment du nombre de chambres, des équipements déjà installés, de leur compatibilité, de la surface des parties communes et de l'étendue du pilotage souhaité.

Pour une opération de rénovation, les contraintes d'accès aux chambres et la continuité de l'exploitation peuvent également peser sur le budget.

À titre de première réflexion, on peut construire plusieurs enveloppes de travail.

Enveloppes de pré-étude indicatives, hors taxes
Profil d'établissementEnveloppe de pré-étude HT
Hôtel de 20 à 40 chambres25 000 à 45 000 €
Hôtel de 40 à 80 chambres45 000 à 90 000 €
Hôtel de 80 à 150 chambres90 000 à 180 000 €

Une GTB limitée au pilotage des équipements collectifs n'aura pas le même coût qu'un déploiement complet intégrant chaque chambre, les systèmes de réservation, des sous-compteurs et une supervision énergétique avancée.

Pour comparer plusieurs devis, un propriétaire devrait demander une ventilation des coûts entre ingénierie, matériel, câblage, intégration, mise en service, formation et maintenance récurrente.

Il doit également examiner la propriété des données, l'interopérabilité des équipements et les éventuels coûts d'abonnement.

5. Quels gains financiers peut-on réellement attendre ?

L'argument des économies d'énergie est séduisant, mais il peut être mal interprété.

Une réduction de 20 % des consommations de chauffage et de climatisation ne signifie pas nécessairement une réduction de 20 % de la facture énergétique totale.

La distinction devient particulièrement importante dans un hôtel exploitant également des cuisines, une blanchisserie, une piscine ou d'autres installations énergivores.

Simulation : hôtel de 65 chambres

Prenons un établissement fictif dont la facture énergétique annuelle atteint 180 000 €.

Supposons que les usages susceptibles d'être optimisés par la GTB représentent 60 % de cette facture, soit 108 000 €.

Si le système permet de diminuer ces usages de 15 %, l'économie annuelle serait de 16 200 €.

Simulation financière interactive

Ajustez les hypothèses : les économies et le temps de retour simple sont recalculés à partir de vos valeurs.

Économies annuelles16 200 €
Retour simple4,3 ans

Hypothèses illustratives modifiables. Calcul avant CEE, maintenance supplémentaire, fiscalité, financement, dégradation des performances et autres charges. Il ne s'agit pas d'une prévision garantie.

Dans le scénario de référence, 70 000 € d'investissement produiraient donc un temps de retour simple d'environ 4,3 ans, avant aides et coûts supplémentaires.

Cette simulation illustre la méthode de calcul, pas un rendement attendu pour l'ensemble du marché hôtelier.

Avant toute décision, les hypothèses doivent être confrontées aux factures, à l'occupation, aux équipements réels et à une étude technique indépendante.

6. Les aides CEE : comment réduire le coût des investissements ?

Les Certificats d'Économies d'Énergie, ou CEE, constituent un mécanisme de financement susceptible d'accompagner certaines opérations de modernisation énergétique.

Pour la gestion technique des bâtiments tertiaires, la fiche BAT-TH-116 prévoit des conditions permettant de valoriser l'installation ou l'amélioration de systèmes de GTB.

Le dispositif concerne notamment les systèmes permettant de piloter le chauffage, l'eau chaude sanitaire, le refroidissement, l'éclairage et leurs auxiliaires, selon les conditions de la fiche applicable.

Il convient néanmoins de distinguer trois éléments :

  • L'obligation réglementaire : ce que le bâtiment doit respecter au titre du décret BACS.
  • L'éligibilité aux CEE : les caractéristiques techniques et administratives requises pour obtenir une aide.
  • Le montant réellement mobilisable : la valorisation financière proposée pour l'opération concernée.

Une installation conforme au décret BACS n'est pas automatiquement éligible aux certificats d'économies d'énergie.

Par exemple, les exigences techniques de la fiche BAT-TH-116 concernant les classes A ou B peuvent aller au-delà des fonctions minimales nécessaires pour satisfaire le décret.

De même, les pourcentages de subvention parfois annoncés dans les communications commerciales ne constituent pas une garantie.

Le montant dépend des conditions du dispositif, des caractéristiques de l'installation et de la valorisation des certificats.

Il est recommandé d'étudier les aides disponibles et de sécuriser les conditions de leur mobilisation avant tout engagement contractuel.

Pour un investisseur, cette étape peut modifier sensiblement le coût net des travaux et, par conséquent, leur rentabilité.

7. GTB et valeur immobilière : un impact qui dépasse la facture énergétique

La valeur d'un hôtel repose sur une combinaison de facteurs : emplacement, qualité de l'actif, clientèle, chiffre d'affaires, rentabilité opérationnelle, structure contractuelle et perspectives de développement.

Les dépenses énergétiques et les futurs besoins de rénovation interviennent dans cette équation.

L'impact sur les performances opérationnelles

Prenons l'exemple d'un hôtel générant un résultat brut d'exploitation annuel de 650 000 €.

Si une modernisation technique permet une économie nette et récurrente de 20 000 € par an, sans incidence négative sur les revenus ni sur d'autres charges, le résultat opérationnel peut théoriquement s'améliorer du même montant.

Pour un acquéreur, cette amélioration peut présenter un intérêt, à condition que les économies soient documentées, durables et transférables à un nouvel exploitant.

Mais il serait incorrect d'affirmer qu'une économie de 20 000 € se traduit automatiquement par une augmentation déterminée de la valeur de l'immeuble.

La valorisation dépend notamment du type de transaction, de la structure de propriété, du bail éventuel, des perspectives de dépenses et des rendements attendus par le marché.

Les travaux futurs dans une acquisition hôtelière

Lorsqu'un investisseur étudie l'achat d'un établissement, l'analyse des investissements futurs — les capital expenditures ou CAPEX — est déterminante.

Un hôtel peut afficher des résultats d'exploitation satisfaisants tout en nécessitant d'importantes dépenses de modernisation.

Par exemple, un actif proposé à 12 millions d'euros peut présenter un besoin de travaux énergétiques estimé à 600 000 € sur les prochaines années.

Ce montant représente 5 % de son prix d'acquisition.

Il ne justifie pas automatiquement une réduction de prix équivalente, mais il doit être intégré au plan d'investissement et à la négociation.

Le calendrier des dépenses compte également. Des travaux réalisés pendant une fermeture programmée n'ont pas le même impact économique qu'un chantier entraînant une perte importante de chambres commercialisables en haute saison.

Le risque d'obsolescence technique

Un autre élément mérite l'attention : la capacité du bâtiment à évoluer.

Des systèmes propriétaires difficiles à maintenir, des équipements incompatibles avec les nouvelles solutions de pilotage ou une documentation technique incomplète peuvent générer des coûts supplémentaires.

À l'inverse, un établissement dont les installations sont entretenues, documentées et évolutives offre une meilleure visibilité sur ses dépenses futures.

Cette prévisibilité constitue un élément important dans l'analyse des risques immobiliers.

8. Faut-il moderniser, rénover ou vendre son hôtel ?

C'est probablement la question la plus importante pour un propriétaire patrimonial.

La réglementation énergétique ne conduit pas systématiquement à la même décision.

Trois stratégies peuvent être envisagées selon l'état de l'actif, sa rentabilité, le capital disponible et les objectifs du propriétaire.

Stratégie 1 — Optimiser l'exploitation existante

Lorsque l'hôtel dispose d'équipements relativement récents et que les principales inefficacités proviennent des réglages ou de l'organisation, une amélioration du pilotage peut suffire à obtenir des économies significatives.

L'objectif est de préserver les flux de trésorerie sans engager prématurément une rénovation lourde.

Stratégie 2 — Rénover progressivement

Pour un établissement nécessitant plusieurs interventions, les travaux peuvent être programmés par étapes : amélioration du suivi énergétique, modernisation des équipements techniques, puis éventuelle rénovation plus globale.

Cette approche permet de mieux répartir le capital investi et de coordonner les opérations avec le calendrier commercial de l'hôtel.

Stratégie 3 — Envisager une cession ou un repositionnement

Lorsqu'un actif cumule des équipements vieillissants, des besoins de rénovation importants et un potentiel d'exploitation limité, il peut être pertinent d'étudier d'autres scénarios.

Une vente, un changement d'opérateur ou un repositionnement commercial peuvent être comparés à la poursuite de l'exploitation existante.

Aucune de ces stratégies ne doit être privilégiée sur la seule base d'une obligation réglementaire.

La décision repose sur une analyse globale de l'actif : valeur actuelle, potentiel futur, montant des investissements, rendement du capital, risques opérationnels et horizon de détention.

Un hôtel énergivore n'est pas nécessairement un mauvais investissement. Il peut aussi représenter une opportunité de création de valeur pour un acquéreur disposant des moyens et de l'expertise nécessaires à son repositionnement.

9. Comment préparer un hôtel à ces évolutions sans perturber l'exploitation ?

Un projet de modernisation doit être pensé en tenant compte des réalités de l'hôtellerie.

Une intervention technique peut entraîner des indisponibilités de chambres, des nuisances pour les clients ou des interruptions de certains services.

Un programme de travaux efficace devrait idéalement suivre plusieurs étapes.

  1. Établir un état des lieux. Identifier les équipements, les puissances installées, la consommation annuelle, les obligations applicables et les contrats de maintenance.
  2. Identifier les économies accessibles sans travaux lourds. Revoir les consignes de température, les horaires de fonctionnement, la maintenance et la gestion des équipements inutilisés.
  3. Définir un programme technique. Déterminer les fonctions de pilotage nécessaires et sélectionner des équipements compatibles avec les installations existantes.
  4. Construire un calendrier d'intervention. Programmer les opérations selon la saisonnalité, l'occupation des chambres et les autres rénovations prévues.
  5. Mesurer les résultats. Comparer les consommations avant et après travaux en tenant compte notamment de la météo, du taux d'occupation et des changements d'activité.

Le projet ne s'arrête pas à la mise en service.

La formation des équipes, la qualité des réglages et le suivi des performances conditionnent la réalisation des économies attendues.

Il faut également prévoir les inspections réglementaires du BACS : elles sont périodiques, généralement tous les cinq ans, avec une inspection dans les deux ans suivant certains événements comme une nouvelle installation ou une modification technique concernée.

10. Les questions à poser avant d'acquérir un hôtel en France

Pour un investisseur, les obligations énergétiques doivent désormais faire partie de la due diligence technique et financière.

Voici les principaux éléments à demander au vendeur ou à l'exploitant.

Checklist de due diligence énergétique

10 points à vérifier

0 / 10 points vérifiés

Un investisseur devrait également chercher à comprendre qui supporte contractuellement les travaux et les consommations : propriétaire des murs, locataire exploitant, société d'exploitation ou autre partie.

Cette répartition peut profondément modifier l'analyse financière d'une acquisition.

Enfin, il convient de distinguer un bâtiment effectivement conforme d'un bâtiment pour lequel un prestataire a simplement proposé un plan de mise en conformité.

La différence peut devenir significative lors d'une négociation.

11. Marché hôtelier : une nouvelle lecture des opportunités immobilières

Les obligations énergétiques introduisent progressivement de nouveaux critères dans les décisions immobilières.

Pour certains propriétaires, elles représentent une contrainte budgétaire supplémentaire.

Pour d'autres, elles encouragent une meilleure maîtrise des charges et une modernisation qu'ils auraient de toute façon dû entreprendre.

Pour les investisseurs spécialisés dans les actifs à revaloriser, elles peuvent contribuer à révéler des opportunités.

Un hôtel bien situé, disposant d'une clientèle établie et présentant des installations techniques vieillissantes peut posséder un potentiel que son exploitation actuelle ne reflète pas pleinement.

Il faut toutefois rester prudent : la création de valeur ne dépend pas de la seule rénovation énergétique. Elle repose sur la cohérence entre le coût des travaux, le positionnement de l'établissement, les revenus attendus et les conditions du marché local.

Le secteur hôtelier présente également une particularité : les performances énergétiques doivent être appréciées au regard des services réellement proposés.

Comparer directement la consommation d'un hôtel économique sans restauration avec celle d'un établissement comprenant un spa, une piscine chauffée et plusieurs restaurants pourrait conduire à des conclusions trompeuses.

La qualité de l'analyse compte davantage qu'un indicateur isolé.

12. FAQ — Décret BACS, GTB et investissement hôtelier

Le décret BACS est-il obligatoire pour tous les hôtels en France ?

Non. Son application dépend notamment des caractéristiques techniques du bâtiment, de la puissance des systèmes concernés et du calendrier réglementaire. Le nombre d'étoiles ou de chambres ne suffit pas pour déterminer l'assujettissement.

Quelle différence entre le décret BACS et le décret tertiaire ?

Le décret BACS impose, pour certains bâtiments, des systèmes d'automatisation et de contrôle permettant de piloter les équipements techniques. Le décret tertiaire organise une trajectoire de réduction des consommations d'énergie et prévoit une déclaration annuelle sur OPERAT pour les bâtiments ou ensembles assujettis.

Quelle est la prochaine grande échéance BACS pour les hôtels existants ?

Le 1er janvier 2030 concerne l'extension de l'obligation aux bâtiments existants disposant d'équipements de puissance supérieure à 70 kW, dans les conditions réglementaires applicables. Les établissements existants de plus de 290 kW étaient déjà concernés par l'échéance du 1er janvier 2025.

Faut-il nécessairement installer une GTB neuve ?

Pas toujours. Les installations existantes doivent d'abord être évaluées. Selon leurs fonctions et leur compatibilité, une adaptation ou une modernisation partielle peut être envisagée. L'atteinte des exigences réglementaires doit être vérifiée techniquement.

Une GTB de classe B est-elle toujours obligatoire ?

Non. Il faut distinguer les exigences fonctionnelles du décret et les classes de performance de la norme NF EN ISO 52120-1. Certaines fonctions peuvent relever de classes différentes. En revanche, les conditions des aides CEE peuvent imposer des niveaux de performance supplémentaires.

Peut-on financer une GTB avec des certificats d'économies d'énergie ?

Certaines opérations peuvent bénéficier du dispositif CEE, notamment via la fiche BAT-TH-116. L'éligibilité et le montant dépendent de conditions précises. Un financement ne doit pas être considéré comme acquis avant confirmation.

Une GTB permet-elle automatiquement de respecter le décret tertiaire ?

Non. Elle peut contribuer à réduire les consommations et faciliter leur suivi, mais les objectifs du décret tertiaire concernent la performance énergétique globale du périmètre assujetti.

Quel est le retour sur investissement d'une GTB hôtelière ?

Il varie selon la consommation initiale, les équipements pilotés, le montant des travaux, les aides éventuelles et les économies réellement obtenues. Un temps de retour doit être établi à partir d'un diagnostic et d'hypothèses vérifiables.

Peut-on réaliser les travaux dans un hôtel ouvert ?

Oui, dans de nombreux cas. Le phasage doit être adapté aux contraintes de l'établissement, aux accès techniques et aux périodes d'occupation. Certaines interventions peuvent néanmoins nécessiter une interruption temporaire de chambres ou de services.

Le décret BACS peut-il influencer le prix de vente d'un hôtel ?

Indirectement, oui. Des travaux de mise en conformité non réalisés, des charges énergétiques élevées ou une documentation technique insuffisante peuvent affecter les hypothèses financières d'un acquéreur. Leur impact exact sur le prix dépend du contexte de la transaction.

Faut-il vendre un hôtel plutôt que d'investir dans sa rénovation énergétique ?

Pas nécessairement. La décision doit comparer le coût des travaux, le potentiel d'exploitation, la valeur actuelle de l'actif, les conditions de financement et les objectifs patrimoniaux du propriétaire.

Conclusion — La meilleure décision commence par une meilleure connaissance de son actif

Un hôtel ne se résume pas à son emplacement, à sa catégorie ou à son chiffre d'affaires.

Sa valeur repose également sur la qualité de son exploitation, la maîtrise de ses dépenses et sa capacité à rester compétitif dans la durée.

Les exigences énergétiques obligent progressivement les propriétaires à porter un regard plus précis sur les caractéristiques techniques de leur patrimoine.

Mais elles offrent aussi l'occasion de réexaminer des décisions essentielles : faut-il améliorer l'existant, engager une rénovation plus profonde, modifier le modèle d'exploitation ou envisager une transmission ?

Chez Wynstanley, nous nous intéressons à ces sujets parce qu'ils participent directement à la compréhension et à la préservation de la valeur immobilière.

Notre approche consiste à considérer chaque propriété dans son ensemble : son histoire, ses contraintes, sa rentabilité et ses perspectives.

Préserver un patrimoine ne signifie pas nécessairement le conserver inchangé. C'est aussi savoir prendre les bonnes décisions au bon moment.

Pour échanger sur une stratégie patrimoniale ou une opportunité d'investissement hôtelier en France :

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Sources institutionnelles

  1. Ministère de la Transition écologique — Actualisation du calendrier BACS, janvier 2026
  2. Légifrance — Articles R.175-1 et suivants du Code de la construction et de l'habitation
  3. Ministère de la Transition écologique — Éco Énergie Tertiaire
  4. FAQ officielle BACS — Classes et exigences fonctionnelles
  5. Ministère de la Transition écologique — Fiche CEE BAT-TH-116 (PDF)
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